« Résonances musicales » : Une rencontre humaine et musicale

Paule Cornet, pianiste et compositrice, revient sur l’expérience vécue avec les musiciens en situation de handicap et des étudiants du conservatoire de Région de Lyon, dans le cadre de l’atelier d’improvisation mené par Chantal Roussel de Léthé Musicale et Thibault Vocansson du Conservatoire de Lyon : beaucoup plus qu’une rencontre scénique  !

Le projet « Résonances musicales » a réuni huit personnes en situation de handicap mental, des étudiants et enseignants du Conservatoire, des éducateurs spécialisés et la pianiste Paule Cornet.
Ensemble, ils ont créé une œuvre mêlant voix, piano, guitares, harpe, percussions, objets sonores et improvisation, autour de neuf extraits de l’album Visibles de Paule Cornet et d’œuvres du Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Pour Paule, cette expérience a été bien plus qu’une rencontre artistique :

« Je reviens aujourd’hui sur cette expérience qui a éclairé ma pratique en tant qu’artiste, enseignante et médiatrice.
J’ai eu la chance d’être invitée et de vivre ces instants en miroir, actrice et témoin. »

Dès la première rencontre, elle est touchée par l’authenticité et la proximité qui s’installent avec les participants : « Tout se joue en direct et personne ne connait la teneur de cette alchimie avant qu’elle ne se produise. »

Se laisser porter par le son

Au fil des séances, Paule découvre une autre manière de faire de la musique, fondée sur l’écoute, la liberté et l’instant présent.

« Il n’y a ni jeu social, ni ego, ni confusion ; personne n’a besoin de briller, chacun.e peut être soi-même à 100%. »

Elle décrit cette expérience comme un véritable « bain sonore », dans lequel elle n’a plus besoin de chercher à produire quelque chose :

« Tout est là, je n’ai qu’à entrer dans le bain sonore et me laisser porter. »

Un concert fait de liberté et de spontanéité

Après plusieurs mois de travail, le groupe présente une création d’1h10, construite autour de l’improvisation et de la rencontre.
Pour Paule, la musique devient alors un lien entre les participants :

« La musique, tel un précipité, nous a littéralement arrimés les uns aux autres pendant 1H10. »

Elle garde en mémoire de nombreux moments singuliers : les foulards colorés de Sfumato, les mots distribués au public dans Ma mère valse, la puissance de Sylvie dans Marche des femmes, ou encore Alexandre faisant rebondir une balle de ping-pong dans les cordes du piano pour revisiter Idée fixe.

Autant de « perles » qui donnent au concert son caractère spontané, joyeux et inattendu.

« Quel rafraîchissement ! »

Au terme de cette expérience, Paule Cornet souligne combien cette collaboration a renouvelé son regard sur sa pratique artistique et pédagogique :

« Un cap a été franchi pour moi dans cette collaboration où l’humour, la spontanéité et l’aléatoire ont fait le liant. Quel rafraichissement ! »

Une expérience qui lui a permis de retrouver le sens de sa mission d’artiste et d’enseignante : être à l’écoute, ressentir les possibles dans l’instant et laisser la création advenir.